Notre méthode

Nos sources

Nous préférons nommer nos sources plutôt qu'affirmer en l'air. Voici les références citées sur le site, et l'état du débat quand il y en a un.

Comment lire cette page

Une source citée n'est pas une source approuvée. Plusieurs références ci-dessous sont historiquement importantes et scientifiquement dépassées : nous les citons parce que nos pages les expliquent, pas parce que nous les tenons pour vraies. Chaque entrée précise donc sa portée, ce que la source permet d'affirmer, et ses limites, ce qu'elle ne permet pas de conclure.

Cette page mêle donc deux registres, et il importe de ne pas les confondre. Les sections Sexologie, Psychanalyse, Histoire du costume et Pratiques corporelles relèvent de l'histoire des idées. Les sections Communication sexuelle, Désir et désynchronisation et Parentalité citent de la recherche empirique récente, avec revue par les pairs, taille d'échantillon et DOI vérifiable.

Nous ne sommes pas des professionnels de santé (voir à propos). Cette bibliographie ne transforme pas nos pages en littérature médicale : elle permet de vérifier ce que nous avançons, et d'aller lire mieux que nous.

Sexologie

Betty Dodson (1929-2020), sexologue américaine. Sex for One: The Joy of Selfloving (1987) et Orgasms for Two (2002).

Source de la classification en sept types d'orgasmes (pression, tension, combinaison, multiple, relaxation, imagination, point G) présentée sur Les 7 types d'orgasmes.

Portée : une typologie descriptive, issue de la pratique clinique et pédagogique de son autrice. Limites : la classification n'est pas validée physiologiquement. Ces catégories ne constituent ni un classement, ni une norme à atteindre. Elles décrivent des vécus, pas des mécanismes mesurés.

William Masters et Virginia Johnson, chercheurs américains en sexologie. Travaux publiés à partir de Human Sexual Response (1966).

Cités sur Les 7 types d'orgasmes pour situer l'abandon de la hiérarchie freudienne entre orgasme clitoridien et vaginal.

Portée : la recherche postérieure n'a pas confirmé l'idée d'un orgasme vaginal « mature » supérieur à l'orgasme clitoridien. Limites : leur modèle du cycle de la réponse sexuelle en quatre phases a lui-même été discuté et complété depuis, notamment sur la place du désir.

Psychanalyse

Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle (1905).

Origine du concept de zone érogène, exposé sur Psychanalyse et zones érogènes. Freud s'y appuie notamment sur les observations du pédiatre Siegfried Lindner concernant la succion du nourrisson.

Portée : l'origine historique et le sens précis du terme « zone érogène », distinct de son acception physiologique courante. Limites : ce n'est pas une description anatomique validée. Les stades libidinaux et la hiérarchie des orgasmes qui en découle relèvent d'un cadre théorique largement abandonné par la sexologie contemporaine.

Histoire du costume

J. C. Flügel, psychanalyste britannique, The Psychology of Clothes (1930). James Laver, historien de la mode, conservateur au Victoria and Albert Museum.

Source de la théorie du déplacement des zones érogènes, exposée et discutée sur La mode et les zones érogènes.

Portée : une hypothèse influente sur le rôle du vêtement dans le regard porté sur le corps, et un pan de l'histoire des idées sur la mode. Limites : le mécanisme n'est pas démontré. Nous exposons sur cette page les objections à la théorie, dont son postulat de départ sexiste et le fait que l'évolution du costume masculin la contredit.

Pratiques corporelles

Institut Esalen, Big Sur, Californie, années 1970.

Origine du massage californien, décrite sur Le massage californien. Le massage y a été conçu comme accompagnement d'un travail psychothérapeutique, non comme un soin isolé.

Portée : la filiation historique et l'intention d'origine de la technique. Limites : aucun effet thérapeutique n'y est mesuré. Nous ne prêtons au massage aucun bienfait médical.

Communication sexuelle dans le couple

C'est le champ le plus directement lié à ce que fait Erogene. Contrairement aux sections précédentes, il s'agit ici de recherche empirique récente et quantifiée.

Allen B. Mallory (2022), « Dimensions of couples' sexual communication, relationship satisfaction, and sexual satisfaction: A meta-analysis ». Journal of Family Psychology, 36(3), 358-371. DOI : 10.1037/fam0000946

Méta-analyse de 93 études, 209 tailles d'effet, 38 499 personnes en couple.

Portée : une association positive entre communication sexuelle et satisfaction, conjugale (r = .37) comme sexuelle (r = .43). La qualité de la communication compte davantage que sa fréquence (r = .52 contre r = .31 pour la satisfaction sexuelle). Limites : aucun lien de causalité. Une méta-analyse de données corrélationnelles ne dit pas si mieux communiquer améliore la satisfaction, ou si les couples satisfaits communiquent mieux. Les deux sens sont plausibles et probablement simultanés.

Sheila MacNeil et E. Sandra Byers (2009), « Role of Sexual Self-Disclosure in the Sexual Satisfaction of Long-Term Heterosexual Couples ». The Journal of Sex Research, 46(1), 3-14. DOI : 10.1080/00224490802398399

Distingue deux voies par lesquelles dire ses préférences améliore la satisfaction : une voie instrumentale (le partenaire connaît vos préférences, donc les rencontres correspondent mieux) et une voie expressive (le fait de se confier nourrit l'intimité, qui nourrit la satisfaction).

Portée : la divulgation des préférences agit par au moins deux mécanismes distincts, et pas seulement par l'effet « il sait ce que j'aime ». Limites : rien n'y indique que tout format de divulgation se vaut. L'étude porte sur la parole entre partenaires, pas sur un support écrit ou une application.

Malachi Willis, Kristen N. Murray et Kristen N. Jozkowski (2021), « Sexual Consent in Committed Relationships: A Dyadic Study ». Journal of Sex & Marital Therapy, 47(7), 669-686. DOI : 10.1080/0092623X.2021.1937417

Étude dyadique auprès de 37 couples engagés.

Portée : le consentement reste à exprimer y compris dans une relation installée, et les partenaires qui perçoivent correctement les signaux de l'autre rapportent un sentiment de consentement intérieur plus fort. Limites : aucune généralisation large. L'échantillon est petit (37 couples) et ne permet pas de conclure au-delà de la population étudiée.

Désir et désynchronisation

Rosemary Basson (2000), « The Female Sexual Response: A Different Model ». Journal of Sex & Marital Therapy, 26(1), 51-65. DOI : 10.1080/009262300278641

Modèle circulaire du désir, opposé aux modèles linéaires antérieurs : pour beaucoup de personnes en relation longue, l'excitation précède et engendre le désir, plutôt que l'inverse. C'est le concept de désir responsif.

Portée : ne pas ressentir de désir spontané n'est pas en soi un dysfonctionnement. C'est une variante fréquente du fonctionnement sexuel, surtout après plusieurs années de vie commune. Limites : le modèle n'inverse pas la norme pour autant, le désir spontané existe aussi. Il a par ailleurs été discuté, notamment sur sa présentation initiale comme spécifiquement féminine.

James J. Kim, Amy Muise, Max Barranti, Kristen P. Mark, Natalie O. Rosen, Cheryl Harasymchuk et Emily A. Impett (2021), « Are Couples More Satisfied When They Match in Sexual Desire? New Insights From Response Surface Analyses ». Social Psychological and Personality Science, 12(4), 487-496. DOI : 10.1177/1948550620926770 (mis en ligne en 2020, paru au numéro de mai 2021.)

Analyse de surface de réponse sur 366 couples.

Portée : un résultat contre-intuitif, et utile à connaître avant de dramatiser un écart de désir. C'est le niveau de désir des deux partenaires qui prédit la satisfaction, pas leur correspondance. Les auteurs ne trouvent pas d'effet propre à l'appariement. Limites : rien n'y dit que l'écart de désir soit sans conséquence. La littérature montre par ailleurs que l'écart perçu pèse davantage que l'écart mesuré.

Debby Herbenick, Margo Mullinax et Kristen Mark (2014), « Sexual Desire Discrepancy as a Feature, Not a Bug, of Long-Term Relationships: Women's Self-Reported Strategies for Modulating Sexual Desire ». The Journal of Sexual Medicine, 11(9), 2196-2206. DOI : 10.1111/jsm.12625

Enquête auprès de 179 femmes en couple depuis plus de cinq ans.

Portée : l'écart de désir est une caractéristique ordinaire des relations longues, pas une anomalie, et les personnes concernées déploient des stratégies variées pour composer avec. Limites : aucune conclusion sur les hommes ni sur les couples de même sexe. L'échantillon est auto-sélectionné, en ligne, exclusivement féminin et hétérosexuel.

Parentalité et sexualité

Inês M. Tavares, Hera E. Schlagintweit, Pedro J. Nobre et Natalie O. Rosen (2019), « Sexual well-being and perceived stress in couples transitioning to parenthood: A dyadic analysis ». International Journal of Clinical and Health Psychology, 19(3), 198-208. DOI : 10.1016/j.ijchp.2019.07.004

Analyse dyadique auprès de 255 couples primo-parents, enfant de 3 à 12 mois.

Portée : le bien-être sexuel et le stress perçu sont liés chez les jeunes parents, et de façon croisée entre partenaires. Les préoccupations sexuelles du post-partum prédisent un stress plus élevé chez les deux parents. Limites : ni sens de causalité, ni solution. L'étude est transversale et décrit une association, pas un remède.

Ce que nous refusons de publier

Par symétrie, il nous semble utile de dire ce qui ne figurera pas sur ce site, quelle que soit la source invoquée.

  • Aucun conseil médical, aucun diagnostic, aucun protocole de soin.
  • Aucune promesse de résultat, sexuel ou relationnel.
  • Aucune statistique sans référence. Un chiffre non sourçable n'est pas publié, même s'il circule partout.
  • Aucune recette universelle. Les préférences varient d'une personne à l'autre et, chez une même personne, d'un moment à l'autre.
  • Aucune image explicite, sur aucune page.
  • Aucun contenu impliquant des mineurs, ni aucune situation non consentie.

Les lacunes que nous assumons

Cette bibliographie s'est étoffée, mais elle reste incomplète et déséquilibrée. Trois limites méritent d'être dites plutôt que masquées.

Les sections historiques restent datées. Freud, Flügel et Laver relèvent de l'histoire des idées, pas de l'état de la science. Nous les citons parce que nos pages les expliquent, et nous le signalons à chaque fois.

La recherche citée porte surtout sur des couples hétérosexuels. C'est un biais du champ lui-même autant que de notre sélection. Plusieurs études ci-dessus reposent en outre sur des échantillons auto-sélectionnés, recrutés en ligne, majoritairement occidentaux : ce que l'on nomme des échantillons WEIRD, dont la généralisation est limitée.

Presque tout est corrélationnel. Les associations rapportées ne démontrent pas de causalité, et nous nous gardons d'en tirer des promesses. Aucune de ces études ne porte sur Erogene ni sur un outil comparable : elles éclairent le terrain sur lequel l'application se situe, elles ne la valident pas.

Si vous connaissez un travail qui contredit ou précise ce que nous écrivons, la page contact est faite pour ça.